Bonjour

Cet article concerne la Théorie de la Communication. J'ai été rendre visite à René Berger, qui est je crois un sage très vif dont les écrits me passionnent.

Il m'a très aimablement reçu, et qui m'a défié l'esprit en m'envoyant revoir cette théorie.

Mon objectif est ici de montrer quelques liens entre les Théories de la Communication développée dans toute la seconde partie du 20e siècle, et la Théorie de la Conditionnalité sur laquelle je travaille depuis une dizaine d'année.

Je n'ai pas la prétention de livrer un article définitif, néanmoins je tente de jeter quelques bases d'une position solide sur le sujet.

Ma position en résumé est la suivante :

  • E = RC est la théorie réunissant toutes les théories dites "nouveaux paradigmes, basées sur le principe d'un monde aux ressources limitées.
  • Les diverses théories de la communication et les démarches qui en découlent sont les foyers de la théorie de conditionnalité (E = RC)
  • La "tendance Libre" (incluant les logiciels libres, les licences libres, les modèles économiques Libres, cf notamment Libroscope) est l'influence plus importante pour mon travail d'étude sur les clés de la communication.
  • La _tendance Libre_ découle directement de la Théorie de la Communication.
    Cette tendance s'est tellement développé depuis 20 ans avec les succès connus tels GNU/linux, la GPL, le mouvement plus largement dit open source, les communautés virtuelles les plus influentes de la culture du Libre étant notamment slashdot, debian, les wikis, les creativecommons...
  • E = RC est la théorie de la conditionnalité, qui traite de biens immatériels, dont d'informations.
  • Cette formule dit en résumé que l'Energie est équivalent à la somme des Ressources multipliée par la sommes des critères pour la gérer. Elle décrit la qualité de l'information, et permet de générer des modèles quantitatifs adaptés à chaque contexte.
  • E = RC qui découle principalement du Libre a une telle "indépendance d'esprit" face aux théories d'origine", que E = RC intégre ou annule l'ensemble affirmations des anciennes théorie de l'information et de la Communication.

    Quelques jours plus tard, j'ajouterais un autre argumentaire allant dans le même sens. Partant du principe que les outils se justifient à mesure qu’ils se réalisent, on peut raisonnablement admettre les théories de la communication du 20e siècle sont de moindre importance face aux théories du 21e siècle tel celle de la conditionnalité. Car le temps a fait son oeuvre : les évolutions successives ont permis de mieux définir les modèles par la pratique. A travers la justification des outils numériques, les modèles / paradigmes ont évolués. En 2004 la tendance Libre domine naturellement, à travers l’adoption en masse croissante de ses critères de fonctionnement par des administrations publiques (pays, régions, fédérations), des entreprises de la nouvelle économie (IBM, SUN) et les producteurs de contenus des mouvements du Libre (open source, GNU, creativecommons, refus des brevets du vivant …).

    Pour valider ce propos, j'ai cherché sur le web divers descriptifs de cette théorie, et je me suis arrêté principalement sur les synthèses des idées-forces de cette théorie, décrites sur http://tecfa.unige.ch/etu/E72b/97/Conne/lingu.htm
    et sur http://www.ecogesam.ac-aix-marseille.fr/Resped/Admin/Com/SciInfCom.htm#theo

    Sur ces 2 URL, la théorie de la communication y est décrite avec quelques caractéristiques essentielles.
    J'ai repris ces caractéristiques ci-dessous (sous forme d'affirmations, listée de A à E) et les ai commentés point par point sur la base de E = RC.

    Ensuite, j'ai cherché le lien entre la systémique, l'école de palo Alto, et la communication non-électronique. J'ai trouvé principalement la démarche dite stratégie du Dauphin, déjà décrite et connue depuis 1999 par Nouvelles Clés. Cette démarche me semble bien montrer à quel point la systémique et autres démarches issues de l'école de Palo Alto se rejoignent avec l'avénement des mouvements dits "du Libre".

    *** AFFIRMATION A ***
    == > Il n'est pas possible de ne pas communiquer.

    Ma position sur la base de E = RC : bof, pas vraiment d'avis.
    Cela me semble trop absolu, alors que justement je défends l'idée que tout serait conditionnel, et non pas absolu.

    A Mon Humble Avis (AMHA), si certaines conditions sont réunies, oui, "il est possible de ne pas communiquer".

    Affirmation annulée.

    *** AFFIRMATION B ***
    == > Il existe deux niveaux de communication: le contenu et la relation.

    Ma position sur la base de E = RC : OUI, j'adhère, j'ai formulé cela sous la forme de 2 piliers : contenus et techniques de communication (trouvé par d'autres biais). Je l'ai présenté sur le schéma du doc recto/verso que je vous ai remis.

    Affirmation intégrée.

    *** AFFIRMATION C ***
    == > La nature de la relation dépend de la ponctuation, c'est-à-dire de la séquence de communication

    Ma position sur la base de E = RC : dans cette affirmation , il y a 2 points soulevés :

    1. Oui, cette affirmation est cohérente dans une certaine mesure.

    2. Cette affirmation permet d'éclaircir un point qui pourtant comporte une anomalie structurelle : il mélange _relation_ et _communication_.
    Ce que je ressens et ai étudié au sujet de ces 2 notions, notamment au travers du mouvement de l'Insurrection des consciences (mouvement politique pour la décroissance, en France) et un de ses membres éclairés Pierre Rabhi, c'est que la relation ne peut pas être mise sur un même plan que la communication.

    Selon Pierre Rabhi (un homme qui répercute les travaux de Rudolf Steiner avec classe à mon sens, cf google), la relation - à la différence de la communication - est plus complexe.

    La relation n'est pas qualifiable par E = RC, car la relation s'anime en fonction de 3 forces : matérielle (E = Mc2), immatérielle (E = RC), et subtile/spirituelle/mystique (pas de formule à ce stade). Cette 3e force (subtile/spirituelle/mystique), n'est pas mathématisable par une formule à ce stade de l'IC, mais pourrait le devenir. Cela repousserai probablement encore plus le mystique dans de nouveaux retranchements, tout en lui ouvrant de nouveaux champs culturels. Cette non formalisation de la relation, c'est d'ailleurs ce qui fait toute sa force "mystique". Aussi l'association relation/communication est plus source de problème que de solution. Je pense que, au même titre que d'autres affirmations qui se sont avérées scabreuses, cette affirmation peut envoyer des chercheurs sur des vois de garage.

    Dans E = RC, cette même affirmation "la relation dépend de la ponctuation" prend la forme du critère de modularité (alias "séquençage en lot").

    Donc en conclusion sur cette affirmation concernant relation et communication : oui, c'est intéressant la notion de ponctuation, néanmoins il vaut mieux ne pas inclure la notion de relation dans la théorie de la communication, et aussi il vaut mieux donner à la notion de séquençage / ponctuation une importance moindre, considérant qu'elle est aussi importance qu'environ 20 autres critères de définition des flux d'informations. 1/21e d'importance approximativement, voilà selon E=RC la place de cette affirmation.

    Affirmation inclue, avec plus de raffinement.

    *** AFFIRMATION D ***
    ===> Il existe deux modes de langage chez l'homme: le digital et l'analogique.
    Ma position sur la base de E = RC : cela est une affirmation (axiome ou théorème, je n'ai pas étudié la chose) qui "va de soi" en 2004, et c'est néanmoins une affirmation bonne à rappeler en entrée de débat.

    Affirmation intégrée, avec moindre importance.

    Plus globalement, E = RC intègre fondamentalement toute les affirmations suivantes des 2 grands initiateurs de la théorisation des phénomènes de Communication Claude Shannon et Warren Weaver, qui ont défini :
  • qu'on peut mesurer mathématiquement la quantité de l'information,
  • qu'on peut faire un rapprochement avec les principes de la thermodynamique,
  • qu'il y a un rapport entre l'information et l'entropie/néguentropie,
  • que in-former c'est lutter contre le chaos,
  • qu'on peut utiliser les probabilités : l’information c'est l'improbable ou le surprenant.

    Simplement la théorie de la conditionnalité (E = RC) s'appuie sur d'autres éléments culturels plus forts, plus expérimentés, plus aboutis, plus appliqués sur de larges masses (tel GNU/LINUX).

    E = RC étant une formule génératrice de forme/modèles/programmes/cadres d'action, elle permet de générer de nombreuses affirmations de ce type en combinant les 12 Ressources avec les 21 Critères. Voici 10 exemples d'affirmations tout aussi intéressantes et du même acabit, mais qui _à priori_ (je n'ai pas relu l'entier des écrits sur cette théorie de la Communication de Shannon et Weaver, je m'appuie sur des descriptifs synthétiques trouvés via google) ne sont pas mis en exergue dans les théories sur l'information au 20e siècle :

    1 - La communication, c'est de l'information en mouvement (communication is running information)
    (Sources diverses, aucune officielle, dont la mienne)
    Cela signifie que l'information est statique, et que lorsqu'elle est animée elle devient communication. Cela remet en question toutes les théories traitant uniquement de l'une ou de l'autre, ou ne faisant pas un lien clair entre les 2. Ce qui est légion. On parle par exemple de NTIC, de ICT, sans constater la rédondance entre I (information pure, statique) & C (Communication , c'est à dire information en mouvement).

    2. Pour animer de l'information, il faut toujours 3 autres types de ressources en complément à l'information : des profils, des technologies et des méthodologies.
    (Source meszigs, la base du R dans E = RC)

    3 - L'information a 4 formes (image, sons, textes, codes). Ces 4 formes sont combinables à souhait ce qui donne le multimédia.
    (Sources Richard Stallman d’une part et meszigs de l’autre, probablement d'autres que je ne connais, là aussi cela "va de soi")

    4 - Les savoirs (ou « les informations compréhensibles ») ont 3 finalités: fonctionnelle, factuelle, créative. Ces 3 finalités sont combinables à souhait.
    (Source Habermas, puis mieux précisé par Stallman, finalisé par meszigs je crois, car j'ai pas trouvé les 3 mots-clés bien associés cher Habermas et Stallman)

    3 - L'information est la matière première pour le savoir.
    (Je viens de la formuler bien que je la suppute depuis un moment, je ne suis pas sûr de cette définition fonctionnelle du savoir, je vous la partage quand même)

    5 - Un savoir c'est paquet d'informations (de "données") intelligible pour une audience. C'est la base pour développer des connaissances.
    Les connaissances sont la base pour développer l'Intelligence Collective (IC).
    (Sources diverses, pas de source unique, synthèse de meszigs, modulable à souhait).

    6 - Le savoir est la seule ressource qui prend de la valeur lorsqu'on la partage.
    (Source J Ballay dans "tous managers du savoir").
    A noter que depuis des personnes au Togo m’ont fait remarquer qu’il y a néanmoins d'autres ressources qui ont cette même propriété, dont notamment le plaisir de vivre et le sourire.

    7 - Les 4 libertés fondamentales de RMS (lire, utiliser, modifier et redistribuer un contenu) concernent la forme statique du savoir.
    Selon E = RC, lorsqu'un savoir est animé (mis en mouvement), pour qu'il respecte ses propriétés à nouveau à la fin de son animation et durablement, il est préférable que ce savoir (cet assemblage d'information intelligible) aie été animé en respect des 21C (Critères) des nouveaux paradigmes, et ce dans les 12R (Ressources).

    (Source RMS pour le statique, meszigs pour le dynamique, la base pour le E = RC).

    8 - Les 4 types ressources pour la communication analogique (alias "communication biologique") ou digitale (alias " communication informatique") sont les informations et les profils (contenus) ainsi que les technologies et les méthodologies (techniques).
    (Source meszigs, ptêtre d'autres que je n'ai pas identifié).

    9 - Vu que la communication c'est de l'information en mouvement, il est peu cohérent de dire IC (Dans ICT, NTIC, IC_dep...). Car les informations sont aux communications ce que les moteurs sont aux transports. On ne dit pas "les nouvelles techniques des moteurs et des transports" !
    (Source meszigs, ptêtre d'autres que je n'ai pas identifié).

    10 - Libre est à l'immatériel ce que durable est au matériel.
    (Source Raphael Rousseau avec son écologie numérique, ptêtre d'autres que je n'ai pas identifié).

    Conclusion concernant l'affirmation D : il est possible de lister de nombreuses affirmations, néanmoins l'importance donnée par l'équipe de Palo Alto à certaines comme celle du digital et de l'analogique me semble excessive par rapport à d'autres notions de flux d'informations et d'impact sur les masses dont sont issues les 10 affirmations précitées.


    *** AFFIRMATION E ***
    == > Tout échange de communication est symétrique ou complémentaire, selon qu'il se fonde sur l'égalité ou la différence.
    Là j'ai pas bien compris, cela me semble trop académique, est cette propriété est discutable car il y a une mécompréhension des termes "échanges" et "communication", en vertu de quelques définitions proposées dans la liste de la seconde partie du point D ci-dessus.

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    Voilà, en conclusion finale il fait prendre en compte que les théories de la Communication du 20e siècle sont intrinsèquement "anciens paradigmes", car elles s'appuient sur une vision d'un monde aux ressources illimitées.

    La conclusion d'un cours sur le sujet n'est-elle pas justement de poser les limites de ces théories du 20e siècle en expliquant que les théories générales sont des problématiques partielles ; elles sont guettées par le réductionnisme.

    Or justement, avec l'ère du numérique et ce qui en découle (nanotechnologies, cybernétique, génétique), l'humanité a accélé son rythme de production et de consommation tellement fort que la biosphère n'arrive plus à se régénérer.

    C'est cela qui fait basuler nos croyance : le monde est fini. Et sur la base de ce basculement, une synthèse est possible : E = RC.

    Ceci fait appel à d'autres articles, dont l'intégralité est ici (affichée par groupe de 25 articles). Bonne suite de lecture !