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| eCulture : Promotion de la création libre. |
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de l'info : Théo Bondolfi & Raphaël Rousseau, sur une idée initiale de Vincent Rossi |
| Posté par raph
le mardi 15 mai 2007.
Modéré le samedi 11 août 2007
nombre de visites: 796
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Au-delà du domaine du logiciel, la société de l’information tend vers la création libre.
Préambule.
Création, de quoi parle-t-on ici ?
La création comprend toutes les œuvres de l'esprit : documentations pédagogiques, publications scientifiques ou techniques, nouvelles et actualités (par exemple dans les blogs), œuvres d'arts, vidéos, programmes informatiques.... La création utilise 4 supports pouvant être combinés : textes, images, son et codes logiciels.
La création et le copyright à l’ère du numérique.
Avec l’arrivée des ordinateurs dans la vie quotidienne, il devient possible de modifier et copier des informations à moindre coût, surtout depuis l'arrivée d'Internet pour le grand public. Chacun peut donc créer et diffuser ses créations plus facilement.
Exemple : un musicien peut aujourd’hui commencer à faire carrière sans dépendre d’une « major » (multinationale de la distribution musicale) et sans passer par des studios d’enregistrement hors de prix ; pour cela il peut faire appel à l’esprit d’entraide qui s’est développé grâce à Internet : je t’envoie mes créations, tu m’aide à les améliorer et les diffuser, je t’aide ensuite aussi, etc.
C’est aussi et surtout valable pour la création à usage pédagogique : je produit un mode d’emploi, je le publie sur le web, tu l’adaptes /le traduis/l’améliores et publies la nouvelle version sur le web…
C’est ainsi qu’on été créés les mouvements du logiciel libre, l’encyclopédie Wikipedia, les banques d’images libres, les communautés Myspace, Youtube & Cie, etc.
De nouvelles fonctions qui génèrent de nouveaux modes d’organisations
Avec l’aide de l’informatique, la création (textes, images, musiques) génère ainsi un nouveau mode d’organisation et de diffusion de la création. Les auteurs n’ont plus autant besoin qu’avant d’abandonner leurs droits au profit des grandes maisons d’éditions. Ils peuvent aussi progressivement abandonner le réflexe de brider la diffusion de leur œuvre en choisissant d’interdire tout usage par la mention «tous droits réservés». Au lieu d’abandonner ses droits à des éditeurs ou de brider ses œuvres pour éviter qu’on ne les lui vole ou les détourne, l’auteur peut aussi se tourner vers des termes d’usage qui prennent en compte l’existence d’Internet : les licences libres.
Licences libres, de quoi s'agit-il ?
Une licence et un document décrivant comment une œuvre (texte, image, son, logiciel, dérivés tels vidéo…) peut être utilisée. Sans mention de la licence, une œuvre est « bridée » ; personne n’a le droit de l’utiliser, autrement qu'à titre privé, à moins de consulter son auteur. Mais depuis une vingtaine d’années, l’arrivée d’Internet a permis l’émergence d’un nouveau type licences : les licences libres. Partant du principe que la propriété intellectuelle était fondamentalement différente de la propriété physique, et constatant que les applications du copyright étaient souvent utilisées comme un frein à la diffusion de la connaissance et de la culture, des créateurs se sont alliés à des juristes pour définir les termes des conditions d’usage des créations dites « licences libres ».
Références licences libres :
Liste des licences libres disponibles http://www.gnu.org/licenses/license-list.fr.html#OtherLicenses
Définition de «contenu libre» : http://fr.wikipedia.org/wiki/Contenu_libre (http://de.wikipedia.org/wiki/Freie_Inhalte)
Définition de «Copyleft» : http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft
Licences de référence :
La «Licence Art Libre» du mouvement Copyleft Attitude : http://artlibre.org/licence/lal/
La licence de documentation libre «GFDL» : http://en.wikipedia.org/wiki/GFDL
La licence «CreativeCommons-BY» : http://www.creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
La licence «CreativeCommons-BY-SA» : http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr
Les 4 libertés fondamentales pour les créations libres.
Les créateurs d'œuvres de l'esprit peuvent déterminer les droits et obligations liés à leurs productions. Lorsque leurs motivations sont le partage de la connaissance et la création individuelle ou collective, au service du bien commun, ils peuvent utiliser des outils juridiques que sont les licences libres. Ces dernières garantissent à chacun la liberté d'utiliser, étudier, modifier et redistribuer les créations qui y sont soumises. De plus, les licences libres permettent de protéger l’auteur des abus en le reconnaissant comme auteur de l’œuvre, de manière complète et définitive.
L’adoption croissante des licences libres pour toutes les créations.
Au début du 21e siècle, ces 4 libertés fondamentales sont déjà largement appliquées pour les créations logicielles. On parle de logiciels libres, les plus connus étant GNU/Linux (installé sur plus de 50% des serveurs web sur Internet, donc déjà majoritaire dans ce domaine) et le navigateur Firefox (dont l’engouement ne cesse de croître). Il existe un mouvement mondial en pleine croissance, composé de millions de participants, qui a conscience de la nécessité de libérer les créations (textes pédagogiques notamment, au-delà du seul domaine logiciel), pour qu’elles soient un patrimoine de l’Humanité.
Licences libres, un choix de société.
Conscient des enjeux de société qu’il y a derrière le choix d’une licence pour une création, il est aujourd’hui politiquement très utile, pour l’essor socio-économique des collectivités publiques, de favoriser l’adoption des licences libres au-delà du seul domaine logiciel, notamment pour les documentations pédagogiques.
Ainsi, progressivement, les auteurs de créations prennent conscience que brider une œuvre n’est ni écologique, ni social, ni économiquement utile, car cela va obliger d’autres auteurs à devoir réinventer la roue pour arriver finalement à quasiment le même résultat. Il y a gaspillage de temps, de matériel et de matière grise. Il aurait été plus simple de pouvoir coopérer « naturellement », en faisant une recherche sur le web et en adaptant des créations existantes. Et si l’auteur est informé de l’existence des licences libres, il peut choisir en pleine conscience de libérer ses créations et de bénéficier aussi des créations libres disponibles, ou y contribuer.
Administrations publiques : un pôle de création très important.
Souvent, les auteurs des œuvres sont des administrations publiques : elles commandent et produisent des manuels pédagogiques, des modes d’emploi, des guides d’utilisations, des œuvres d’arts (films…), des articles de type journalistique pour valoriser des activités, des rapports d’études ...
Au lieu de publier ces créations sur le web sous une licence libre, ces documents restent souvent disponibles dans un cadre involontairement restreint et confidentiel, bridé tant par le fait qu’il n’est pas publié sur le web que par le fait qu’il n’est pas formellement sous une licence libre. Ceci limite l’impact social et économique d’une création, desservant ainsi involontairement la cause publique qu’elle était censée servir.
Propositions d’actions concrètes.
En conséquence, nous présentons les recommandations suivantes aux créateurs d’oeuvres et aux institutions publiques, au travers de ses administrations, ses cantons et ses communes.
A) Prendre du temps dès aujourd’hui pour en économiser beaucoup dès demain matin.
Que les créateurs/auteurs et les institutions publiques :
incluent la préoccupation du choix des licences dans leurs projets créatifs et/ou en participant/animant un ou plusieurs groupes de travail intersectoriels (aspects économiques, juridiques et éducatifs), afin de dégager des solutions concrètes et applicables facilement dans le contexte de l’administration publique.
incluent dorénavant une réflexion éthique sur les licences dans toute décision politique, au même titre que les réflexions aujourd’hui évidentes sur la gestion optimale des finances publiques, sur l’équité homme-femme, le droit des personnes handicapées...
Exemple simple de résultat de ce type de groupe de travail : proposition d’une directive à adopter par l’exécutif, stipulant que le personnel employé dans l’administration concernée devra dorénavant placer tout guide d’utilisation (aide, mode d’emploi) publié sur le site web d’une administration publique sous la Licence de Documentation Libre ou GFDL.
B) Investir un peu d’argent dès aujourd’hui, pour en économiser beaucoup dès demain matin.
Que les créateurs/auteurs et institutions publiques :
s’associent pour organiser une campagne de sensibilisation sur l’impact socio-économique du choix des licences dans la gestion des affaires publiques.
publient et diffusent dans les administrations et les pôles de création (technologique, artistique, pédagogique…) des manuels d’usage des licences libres, facilitant leur adoption auprès de leurs collaborateurs.
forment leurs personnels aux pratiques du travail collaboratif dans l’esprit de la création libre (exemple : usage et contribution à l'encyclopédie libre wikipedia), car le travail collaboratif est une base fondamentale pour optimiser la circulation de l’information et la qualité de la gestion des affaires publiques.
incluent le financement des travaux autour des licences libres (traduction, mise à jour, validations juridiques, coordination et compatibilité…). Exemple simple : de plus en plus d’entreprises financent les travaux autour des licences libres, comme SUN ou IBM, car elles savent que les licences libres servent leurs intérêts socio-économiques. L’administration publique a, elle aussi, un rôle à jouer dans ce domaine, si elle veut vitaliser son économie et éviter le gaspillage de l’argent public.
C) Orienter dorénavant les investissements dans la création vers les licences libres.
Que les créateurs/auteurs et les institutions publiques encouragent voire conditionnent à terme l’adoption d’une licence libre pour les créations artistiques financées par les deniers publics.
Exemple simple : le fameux film documentaire « mais im Bundeshaus » du réalisateur Jean-Stéphane Bron a bénéficié de financements publics et a gagné de nombreux prix internationaux pour sa valeur pédagogique. Ce film sert l’intérêt public en étant largement projeté aujourd’hui à titre éducatif dans des écoles publiques, des centres de formations pour adulte...
Sur ce constat, les auteurs pourraient envisager de mettre leurs oeuvres sous licence libre, et les organisations de financement public pourraient demander à l’avenir que les auteurs et leurs éditeurs acceptent qu’après un certain laps de temps d’exploitation, par exemple 5 ou 10 ans, les détenteurs des droits acceptent de mettre l’oeuvre ayant bénéficié d’un financement public sous une licence libre. Ceci permettrait aux enseignants d’en tirer des extraits librement dans un but pédagogique. Il en va de même notamment pour les illustrations des caricaturistes qui sont souvent acquises par des administrations publiques pour un usage unique, et pourraient avoir une seconde vie si elles étaient placées sous des licences libres.
Copyright 2007 : Théo Bondolfi & Raphaël Rousseau, sur une idée initiale de Vincent Rossi, sous Licence Art Libre (http://www.artlibre.org).
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