Qui est la fondation Ynternet.org?

Ynternet.org est un institut de recherche et formation créé en 1998.

Son coeur d’activité : promouvoir une utilisation des technologies de l’information qui concilie efficacité économique et éthique numérique en s’appuyant sur les bonnes pratiques propres à la citoyenneté numérique.

Cliquez sur la vidéo ci-dessous pour une brève présentation :

Pour en savoir plus sur la culture numérique en général, et sur la fondation Ynternet.org en particulier, indiquez votre email dans le formulaire ci-dessous :

 

Nos services:

Nos services s’articulent autour de 3 axes relatifs à l’expertise en culture numérique

A. Développer une expertise en eCulture, basée sur des activités de recherche et de collaborations avec les différents acteurs du libre.

B. Appliquer l’expertise acquise auprès d’un public large, en portant une attention spéciale aux publics défavorisés.

C. Diffuser largement cette expertise afin de promouvoir des pratiques responsables et éthiques sur Internet.

 

Panorama de projets:

Campagne ‘eCulture 2013 – 2016′ :
tedxgeneva Pour promouvoir une utilisation éthique, productive et sans-stress des outils numériques, Ynternet.org déploie une campagne de sensibilisation à la culture numérique et soutient les événements annuels de TEDx Geneva, à fin de réunir managers, ingénieurs, micro-entrepreneurs indépendants, acteurs du monde associatif et des ONG, génies créatifs et enseignants pour, ensemble, partager la créativité et la stimuler dans le domaine des comportements responsables sur Internet, en découvrant des projets novateurs, des tendances et des idées nouvelles qui font évoluer la société.

 

Le projet AGenève :
projet-ageneve Le projet AGenève, réalisé en collaboration avec la HEG-GE et Caritas, est né du constat suivant : les personnes en rupture professionnelle, souvent peu à l’aise avec les outils numériques, ont pourtant besoin de ces outils pour valoriser leurs expériences et retrouver un emploi.

Pour cette raison, Ynternet.org a mis au point un système simple, sécurisé, sans pub et gratuit leur permettant de se créer un “CV en ligne” (ePortfolio) très facilement, sans avoir besoin de connaissances étendues en informatique.

 

Wikinomics : 
projet-wikinomicsWikinomics est un projet européen piloté par Ynternet.org dont le but est de promouvoir la culture collaborative via la technologie des “Wikis” (le même outil ayant servi par exemple à créer la fameuse encyclopédie “Wikipédia”) par la création d’un réseau d’experts formateurs européens.

Wikiskills a été noté par l’Union Européenne comme étant dans le 5% des projets les plus réussis, et a conduit Ynternet.org à assister la Banque Mondiale dans l’optimisation de leur communication et collaboration en ligne.

Wikinomics encourage le développement de compétences transversales (principalement, la capacité à communiquer et collaborer efficacement sur Internet) via une approche pédagogique innovante basée sur la culture libre et sur des scénarios d’apprentissage fondés sur la méthodologie “wiki” (un système particulier de collaboration en ligne).

Notre actualité:

une Plateforme pour plus d’Autonomie et de Collaboration (CoWaBoo)

Nous proposons de créer une plateforme qui facilite la gestion des signets (bookmarks), au sein de groupes de recherche et d’organisations académiques ; nous la désignerons, dans ce document, par Collective Watch Bookmarking : une Plateforme pour plus d’Autonomie et de Collaboration (CoWaBoo). Les cibles visées sont, prioritairement, celles qui gèrent des informations numériques en ligne, principalement, dans un contexte de recherche et d’enseignement académique : groupes et individus qui ont besoin de rester informés et/ou de produire un état de l’art sur un sujet précis (domaine d’expertise). Il s’agira d’introduire un système commun de gestion des signets personnels. CoWaBoo permettra aux utilisateurs de mettre leurs signets en commun, tout en leur proposant de choisir s’ils les partagent ou les maintiennent privés. Le but de CoWaBoo est double :

• Rendre possible la curation de contenu, au niveau personnel, en attente de publication ;

• Promouvoir la publication collaborative de liens

La plateforme sera adaptée aux besoins de la communauté universitaire. Le développement de la plateforme répondra aux méthodes et licences du Logiciel Libre. Le code fonctionnel et les données pourront être stockés sur un serveur HES-SO ou présentés comme un SaaS (Software as a Service).

Un système de social bookmarking, souvent désigné en français par « marque-page social », « navigation sociale » ou « partage de signets », est une façon pour les internautes de stocker, classer, chercher et partager les adresses Web de ressources en ligne qu’ils destinent à un usage futur. Dans un système, ou réseau, de social bookmarking, les utilisateurs enregistrent des liens vers des ressources Web qu’ils souhaitent retrouver ultérieurement, à titre individuel ou au titre de leur participation à un groupe de travail (intra ou inter-organisation). Ces liens sont privés ou partagés avec les membres d’un groupe de travail ou d’une organisation, selon les permissions accordées. D’autres utilisateurs ayant les mêmes centres d’intérêt peuvent ainsi consulter les liens par sujet, catégorie, tag (mot clé) ou de façon aléatoire.

L’utilité pédagogique et organisationnelle des systèmes de bookmarking social (SBS) a déjà été démontrée à plusieurs reprises (Chuchill 2009, Drechsler 2012, Le Deuf 2011, Ruffini 2011). Cependant, les SBS existants présentent des limites en termes d’interactions avec leurs utilisateurs. Ce sont des systèmes privés, sans garantie quant à leur durée de vie ou à l’amélioration de leur fonctionnement : l’intégrité des données peut être mise en cause, comme la confidentialité et la disponibilité de leurs fonctions.

La culture du libre et la gouvernance participative

Athanasios Priftis

Directeur exécutif de la Fondation Ynternet.org et collaborateur scientifique HEG

Tous nos rêves, techno-sociaux, semblent s’être enfin réalisés : communication globale et instantanée, immersion virtuelle, abondantes opportunités d’entreprenariat, contrôle de l’évolution humaine grâce aux biotechnologies… Mais les rêves sont éphémères et, souvent, flirt avec le grotesque.

Dans le domaine de la gouvernance participative, la culture du libre se positionne, à la fois, comme une solution et une interrogation. La structure participative, les résultats réutilisables et les valeurs communautaires du libre permettent l’adoption de ses pratiques avec facilité, mais continuent de susciter des doutes : impossibilité d’obtenir des réponses fermes et définitives. Ma thèse principale est que « la gouvernance participative repose sur des questions, qu’il convient de soulever avant de tenter des réponses » : à cet égard, la culture du libre demeure indispensable.

Plusieurs types de questions se posent concernant le libre et, notamment, sur l’utilisation des technologies de l’information conciliant efficacité économique et éthique numérique en s’appuyant sur les bonnes pratiques propres à la citoyenneté numérique :

  • Connaissez-vous les licences libres ?

  • Utilisez-vous les méthodes/outils de la culture-libre comme les wikis ?

  • Avez-vous déjà modifié un article Wikipedia ou à un autre wiki ?

La culture du libre s’installe comme une alternative au « Tous droits réservés » : copyright et droit d’auteur ont été sujets à de vives critiques qui n’ont cessé de s’intensifier avec le développement des technologies facilitant la copie et le partage d’informations. Les licences libres1, comme les Creative Commons, sont un moyen d’abolir ces notions de propriété intellectuelle en facilitant le partage. Les wikis deviennent une philosophie de collaboration qui transgressent plusieurs outils2 et plateformes informatiques.

Les questions que l’on peut aborder deviennent plus spécifiques et touchent à la présence d’une organisation sur Internet.Plusieurs travaux scientifiques3 ont démontré l’importance de mener des actions coopératives autour de la présence numérique d’une entité basée sur la participation des citoyens, le partage des ressources et l’ouverture vers le nouveau.

Ces questions quantitatives et qualitatives examinent, entre autres :

  • les membres actifs dans une communauté ;

  • les sites web traitant des services ou relayant les informations d’une organisation ;

  • la collection de suggestions d’amélioration ;

  • le niveau de personnalisation possible des services en ligne pour assurer les processus et flux de communication ;

  • le nombre d’abonnés aux lettres d’information (newsletter) et de visiteurs sur le site4.

Mais il existe aussi d’autres types de questions à poser, plus compliquées etsensibles :

Avez-vous déjà demandé une analyse de vos habitudes d’utilisation ou de consommation chez Google, Apple ou Facebook : le profil de vos achats, de vos clics, les personnes avec qui vous êtes connectées, leurs habitudes, etc. Ce genre de questions semble impossible, voire illégal du point de vue de l’utilisateur, cependant leurs réponses sont bien récupérées par ces entreprises.

Celles-ci valorisent le bénévolat pour attirer le travail gratuit et collecter ainsi les données des utilisateurs. Elles s’inspirent du principe de la sagesse des foules5 dont les décisions sont souvent plus pertinentes que celles d’individus isolés, mais aussi de celles de la moyenne des évaluations d’un groupe. Les entreprises dominantes sur Internet semblent avoir compris la valeur des actions en ligne des utilisateurs, ainsi que les données les concernant. Pour en tirer parti, elles imposent leurs règles et leurs besoins.

En termes de gouvernance participative, le fait de poser des questions ne relève pas d’un luxe, mais d’une réelle nécessité. Il s’agit d’un élément clef pour attirer les individus autour d’une organisation et développer davantage de compétences collaboratives comme la communication multiculturelle/multilingue, apprendre à apprendre par l’action, la sensibilisation sociale et citoyenne, l’esprit d’initiative, la perception entrepreneuriale, etc.

Un chemin vers une coopérative qui co-innove, avec tout le monde, partage ses ressources, exploite la puissance de la collaboration à chaque opportunité. C’est le moment de s’organiser différemment, commençons par :

  • partager nos activités, liste de contacts, photos, vidéos ;

  • publier les résultats des séances, recherches ;

  • Initier la participation de nos membres sur des tâches simples, mais spécifiques ;

  • lancer des veilles collaboratives sur les sujets clés de notre organisation ;

  • s’engager dans des actions collectives avec d’autres.

Ces initiatives sont-elles suivies par le public ? En 2010 déjà, le courrier électronique était pratiqué par plus de 90% des internautes et les trois quarts d’entre eux indiquaient lire les journaux ou consulter les nouvelles sur Internet. Quant à la recherche d’information sur le site officiel d’une administration publique (communale, cantonale ou fédérale), elle était déjà mentionnée par 71% des internautes suisses. Quant aux 60-69 ans, ils étaient déjà plus de 60% à utiliser Internet en 20116.

Les clés d’une gouvernance participative restent notre engagement â bâtir un nouveau contrat social qui se solidifie autour de biens communs7 :

  • Travail de qualité, libre, qui a un coût ;

  • Résultats à partager de la même manière que la communauté, voir licences ouvertes et libres ;

  • Partager les problèmes et les défis, être transparents ;

  • Favoriser le travail et les besoins de la communauté.

Nos rêves sont éphémères. A nous de poser les questions pour les empêcher de tourner au cauchemar.

2 Liste de plateformes pédagogiques sous licence libre, http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_plateformes_p%C3%A9dagogiques_sous_licence_libre.

 

3 Wikiskills, Projet de recherche UE, http://wikiskills.net/the-project/.

 

4 Le projet UE Wikinomics, organise une étude européenne autour de ces questions, http://www.wikinomics-project.eu/wikinomics-etude-focus-group/?lang=fr.

 

6 Vous avez dit bonnes pratiques numériques ? Texte de l’expert national Théo Bondolfi, http://www.ynternet.org/vous-avez-dit-bonnes-pratiques-numeriques/.

 

7 Contrat_social_Debian, http://fr.wikipedia.org/wiki/Contrat_social_Debian

Article présenter: Revisiting the Wikinomics concept, towards new methodological approaches

Notre article « Revisiting the Wikinomics concept: towards new methodological approaches » (Athanasios Priftis, Theo Bondolfi, Yves Boisselier), dans le cadre du projet UE Wikinomics vient d’être présenté lors du « 1st International Workshop on Open Badges ». Pour une version complète de l’article, n’hésitez pas à nous contacter
 

Vous avez dit bonnes pratiques numériques ?

Vous avez dit bonnes pratiques numériques ? Texte de l’expert national (texte FDEP – bonnes pratiques numériques – v2, en format pdf)

Théo Bondolfi, 1972. Incubateur de projets d’inclusion socio-numérique.   

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Après une formation en socio-économie et des expériences professionnelles de metteur en scène de projet créatifs, c’est en autodidacte qu’il développe plusieurs instituts de recherche et formation en innovation sociétale. Depuis 1992, il a co-créé une vingtaine d’entreprises génératrices d’emploi dans l’Économie Sociale et Solidaire. Il préside notamment la fondation Ynternet.org, dédiée à la citoyenneté numérique. Il conseille tant des agences intergouvernementales (exemple : Banque Mondiale, pour les stratégie collaboratives en ligne, 2013-2014) que des mouvements socio-pédagogiques locaux (exemple : Fédération Romande des Consommateurs, 2007-2011). En 2013 et 2014, il a organisé TEDxGeneva série de conférences internationales ayant pour fil rouge les pratiques à l’ère numérique. Il cohabite en communauté de vie réelle (cf www.ecopol.net), tout en facilitant la cohésion et l’utilité socio-économique des communautés virtuelles. Sa raison d’être: les transitions vers des pratiques de vie plus durable.

LA SITUATION EN SUISSE

« Ma chérie, dit un père à sa fille de 12 ans, j’ai acheté un logiciel qui filtre les contenus interdits aux mineurs, pour que tu arrêtes de visiter ces sites qui ne sont pas de ton âge… Peux-tu m’aider à l’installer s’il te plaît ? »

Eh oui, c’est aussi cela internet, une réalité sociale dans laquelle même les directeurs d’entreprises sont dépendants d’adolescents boutonneux. Et si la dépendance n’était que technologique, manipulatoire, ce serait tellement simple d’y remédier. Mais ce n’est pas le cas.

Revenons aux débuts d’Internet. Alors qu’en 1997, seulement 7% de la population Suisse avait recours au «réseau des réseaux» de façon régulière, la proportion est de 81% à l’automne 2013.

En 2010 déjà, le courrier électronique était pratiqué par plus de 90% des internautes et les trois quarts d’entre eux indiquaient lire les journaux ou consulter les nouvelles sur internet. Quant à la recherche d’information sur le site officiel d’une administration publique (communale, cantonale ou fédérale), elle était déjà mentionnée par 71% des internautes Suisses.

Quant aux 60-69 ans, ils étaient déjà plus de 60 % à utiliser Internet en 2011.

On peut donc raisonnablement affirmer qu’en Suisse, la fracture numérique se réduit. Il s’agit essentiellement des fractures économiques (coûts d’accès), géopolitiques (accès en ligne aux administrations publiques), et générationnelles.

Quant aux fractures culturelles et éducatives, il est plus difficile de constater des progrès en profondeur. En 1996 déjà, en séance plénière du forum Économique de Davos dans les montagnes Suisses, John Perry Barlow lançait la déclaration d’indépendance du cyberespace, et avertissait les élites politiques et économiques :

Le cyberespace n’est pas borné par vos frontières. Ne croyez pas que vous puissiez le construire, comme s’il s’agissait d’un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C’est un acte de la nature et il se développe grâce à nos actions collectives. […] Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non écrits qui font déjà de notre société un monde plus ordonné que celui que vous pourriez obtenir en imposant toutes vos règles.

Barlow, et tant d’autres à sa suite, ont compris que le monde numérique obéit à d’autres règles, d’autres normes sociales et technologiques que celles des médias radio-TV-presse, qu’on le veuille ou non. Le numérique est en quelque sorte un élément à part entière qui a fait irruption dans nos vies, complétant l’eau, l’air la terre et le feu. L’information numérique circule de manière instantanée décentralisée, persistante et multilatérale, invariablement. C’est la clé du nouveau paradigme sociétal, le noyau de l’eCulture générale.

Quelques exemples, bien entendu caricaturaux, pour montrer les deux tendances des règles, normes et codes de conduite :

Monde analogique Attendre d’avoir une version définitive pour publier Rareté de l’information Vente du produit (droit d’usage) Coûts de copie élevés, bride à l’innovation par l’exclusivité (copyright avec clause d’exclusivité, brevet patentes…) Formation magistrale, ex-cathedra, formelle, compétitive Leaders choisis entre pairs pour leurs diplômes, leurs statuts, leur pouvoir de pression (obéir aux études puis se faire obéir au travail) Monde numérique Publier tôt, mettre à jour souvent Abondance de l’information Vente du service autour du produit (temps de coaching) Coûts de copie presque nul, opportunité d’adopter les modèles socio-économiques des licences libres (copyleft, freemium, crowdsource…) Formation par les pairs, informelle et non formelle, par l’action, itérative Leaders choisis entre pairs pour la qualité et la quantité de leurs contributions et coopération, leurs résultats, leur mérite (briller ou disparaître)

Face à un tel changement de paradigme, les hiérarchies peuvent sentir leur autorité menacée par les propriétés du numérique. On observe alors des réactions de rejet, de stigmatisation des problèmes tel la pornographie, la surveillance, la dictature de l’immédiateté…

Parce que globalement en Suisse, à la différence notable des USA par exemple, ce sont toujours les ingénieurs, informaticiens et autres techno-centristes qui squattent les sièges des commissions dédiées aux politiques de formation à l’usage approprié d’Internet, avec un esprit critique face à l’impact des technologies qui laisse fortement à désirer.

Quel esprit critique, direz-vous? Prenons l’exemple symbolique de la navigation sur le web. Naviguer est un acte tant technologique que social, à haute valeur ajoutée. En naviguant, on clique. On laisse des traces. On contribue aux tendances. On vote en quelque sorte à chaque clic. Ce n’est donc pas un acte anodin. Cela implique de lourdes responsabilités individuelles et collectives.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme disait Rabelais. Et le philosophe de l’éthique informatique Richard Stallman le rappelait bien dans une récente conférence à Genève: Option A c’est l’utilisateur qui contrôle l’informatique ; Option B c’est l’éditeur de logiciel qui nous contrôle nous, les utilisateurs. En naviguant avec Internet Explorer, c’est l’option B, sans nul doute possible. Internet Explorer, produit par Microsoft, est conçu comme une boîte noire impénétrable par les informaticiens.

Il n’y a aucun contrôle citoyen possible sur ce qu’Explorer enregistre de nos comportements pour les revendre, copie de nos données pour les exploiter statistiquement, choisi comme ergonomie etc. Le mode de fonctionnement d’Explorer réduit donc assurément notre possibilité de choix, notre biodiversité, et par là même notre inclusion socio-professionnelle, notre employabilité, notre savoir-être. Insidieusement certes, mais réellement. Or il est possible de naviguer en option A, avec des navigateurs web développés dans des agora ouvertes d’informaticiens soucieux du bien commun, tel Firefox. Les navigateurs citoyens comme Firefox bloquent toute tentative de revente de nos comportements utilisateurs à des grands groupes privés, nous laissant plus de liberté de choix et évitant de nous pourrir la vie en tentant de nous influencer (la publicité n’est jamais neutre pour notre conscience). Le trafic caché des mouchards et l’affichage publicitaire sur les navigateurs éthiques étant bloqué, les temps d’affichages des pages web sont plus courts que sur Explorer et Google-Chrome, nous faisant gagner un temps précieux, réduisant le stress de l’attente… Notons aussi qu’il faut moins souvent redémarrer un ordinateur Firefox, car il est moins vite surchargé de sollicitations automatiques et de programmes cachés installés à notre insu par les firmes partenaires de Microsoft ou Google.

Les mêmes défis se posent dans le choix des réseaux sociaux (Wikipedia en est un, et il est éthique), des traitements de textes (connaissez-vous LibreOffice?), des courriels (mozilla Thunderbird), et même de la validation des acquis (OpenBadges).

Comprendre ces enjeux et s’y positionner, ne serait-ce pas un prérequis pour une bonne conduite collective sur les autoroutes de l’information ?

Au 20e siècle, les vendeurs d’alcool avaient des slogans tels que « ne prenez jamais la route … sans un petit verre de COINTREAU » Si les personnes éveillées avaient conscience qu’entre boire et conduire il faut choisir, il a fallu des dizaines d’années d’études scientifiques pour convaincre les gouvernements du bien fondé de l’interdiction de l’alcool au volant. Il en va de même pour les logiciels privateurs tel qu’Explorer: le débat de société sur leur impact est quasiment nul. Pourtant de nombreux formateurs à l’inclusion numérique auraient tout intérêt à se remettre en question et à sa former à ces enjeux de citoyenneté numérique.

Par exemple, Raise4E-inclusion, pourtant composé d’experts visant à inclure et non pas à exclure les citoyens de leur place dans la société, a primé un formateur d’une entreprise qui propose, sur fonds publics, un cours à l’usage d’Explorer, contribuant de facto à augmenter la fracture numérique, mais croyant bien faire. Le mieux est peut-être l’ennemi du bien dans cet exemple, néanmoins l’accumulation de comportements socialement excluant est fréquent dans la formation de base. Les débutants sont souvent mis sur de mauvais rails, car les formateurs n’ont pas conscience de l’impact des technologies et surtout ils n’ont pas eux-même les bonnes pratiques. Les grosses erreurs politique et/ou économiques sont tout aussi flagrantes.

En 1991, la Suisse a raté l’occasion de soutenir le créateur du world wide web, Tim Berners Lee, qui est parti aux USA. La situation ne s’est guère améliorée. Nous continuons de perdre, année après année, les cerveaux de la réflexion transversale entre technologie et société. Le premier secrétaire de Wikipedia chapitre Suisse, Michael Bimmler nommé à 14 ans (personne ne connaissait son âge, il fut élu pour son mérite en ligne) a quitté la Suisse a 18 ans, personne ne lui ayant reconnu des talents hors du communs dans le monde de la formation « classique ». Au niveau fédéral, des dizaines voire centaines de millions sont investis chaque année dans des projets pharamineux comme Agenda numérique 2020, Campus virtuel 2000 et autres masterplans, qui chacun sont développés par des digital migrants normalisé par la société analogique (voir tableau), avec des résultats très faibles sur l’inclusion socio-économique.

Au-delà du gaspillage des fonds du contribuable, le problème plus grave est que les initiatives citoyennes telles que Wikipedia ne sont presque pas financées, donc les vrais leaders visionnaires du bien commun dans la société de l’information ne peuvent pas inspirer la génération actuelle de formateur d’adulte, car leur voix n’est pas mise en valeur dans les organisations de conférences, médias…

Ma recommandation est de donner le co-leadership des politiques de formation à des personnes ayant une forte pratique des licences libres, qui elles seules permettent des environnements équitables. Ces personnes sont très rares, mais ils existent, tant dans l’administration publique que dans le privé. 

Largement autodidactes, elles sont souvent réfugiées, par stratégie de survie et d’apprentissage informel, dans les réseaux de l’internet citoyen que sont les CreativeCommons, GNU, OpenID, Wikipedia, OpenStreetMap, OpenBadges de Mozilla, LibreOffice… Elles connaissent bien les codes et règles du cyberespaces. Elles tentent d’assurer que les informations fonctionnelles (modes d’emploi, guides d’usages…) restent un bien commun et soit biodiversifiées, collaboratives, en accès équitable et sans distorsions cachées servant des intérêts privés.

J’ai eu besoin de développer ma conscience de la citoyenneté numérique, aussi j’ai mis 10 ans à rédiger le premier manuel d’eCulture générale. Il permet aux formateurs de comprendre ces enjeux afin d’apporter une petite pierre à la construction d’une société de l’information servant le bien commun et au service des générations futures.

C’est un résumé d’une centaine d’ouvrages et enquêtes sur les enjeux fondamentaux et immuables du numérique, en libre téléchargement.

Conseil final : lisez ce livre et contribuez-y sur la version wiki, vous serez alors des acteurs critiques de la société de l’information.

[Copyright 2014 Théo Bondolfi pour FDEP, CC-BY-ND ]  

WikiNomics: un projet international, financé par des fonds européens

Le projet WikiNomics (http://wikiskills.net/wikinomics/) favorise le dévelopement des compétences collaboratives (wiki skills)  nécessaires à l’employabilité, et l’insertion, dans le monde du travail actuel.

A partir de la mise en oeuvre de méthodes wiki, le projet établit les bases d’un système pédagogique innovant.

Rencontrez nos partenaires!

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WikiNomics: a, European funded, international project

The WikiNomics project aims to foster key competences required for employability in the constantly changing environments of the world of work. It sets free-culture and wiki methodologies as the basis for an innovative pedagogical methodology.

Meet our partners !

Ynternet.org Fondation leads a collective effort in order to improve, reuse and disseminate existing wiki skills and material, with a focus on the area of economy and employment. This will happen together with the :

HES-SO, The Geneva School of Business Administration

MAC-TEAM, the Multi Actors Cooperation of SMEs, corporate, individuals, universities, training centres, research centres, SME federation, Chambers of Commerce, Business incubators.

University of Barcelona, and more specifically its Faculty of Pedagogy

The Polish Federation of Engineering Associations (FSNT), Chief Technical Organization (NOT) ia non-profit organization embracing technical and engineering circles in Poland.

The ‘Centro de incubação e Desenvolvimento de Empresas /Biospin’ (CiDEB) – Center for incubation and Development of Companies is a Business Incubator that associates the UCP and relevant organizations in the area of Entrepreneurship, in Porto.

The Wikiangels network (http://wikiskills.net/get-started/hire/) has already used wiki methodologies in order to support the Wikithon of the World Bank Knowledge Forum and to promote WikiSkills training at teachers’ level and getting the teachers implementing it in Master courses in the France Business School.

Publication du manuel WikiSkills

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Dans le cadre du projet européen WikiSkills, l’Institut Ynternet.org et ses partenaires ont récemment publié le manuel WikiSkills sur les compétences et usages des wikis.

Le manuel WikiSkills est disponible ici (en anglais, format PDF).