Au début des années 80, Martin Aderpublie "le choc informatique". Dans ce livre, il annonce les mutations à venir: passage de la mécanique à l'électronique dans toutes les branches professionnelles, réduction du temps de travail, fossé numérique entre connectés et débranchés, amenant de nouveaux concepts de vie.
A l'époque, Internet n'était pas sorti des Universités. Le Web, canal aujourd'hui principal d'Internet n'existait pas non plus. C'est pourquoi Martin Ader ne pouvait que décrire les mécanismes qui allaient changer notre quotidien. Son but n'était pas d'expliquer en quoi chaque humain pouvait contribuer à influencer ces mécanismes).
Pourtant, si personne n'explique comment faire pour que ces mécanimses puissent sincèrement être positifs pour la majorité des humains, à quoi sert un tel choc ?
Bilan après 20 an : un vrai désastre
20 ans plus tard, les humains ont effectivement adopté l'informatique comme ils avaient adopté la voiture, et c'est actuellement un vrai désastre. Aujourd'hui, l'informatique est surtout au service d'une oligarchie de puissants qui traitent les informations pour manipuler les masses. La plupart des intellectuels, scientifiques, économistes, qui cherchent un mode d'emploi simple pour que l'informatique soit vraiment au service de l'humanité, n'arrivent pas suffisamment à s'entendre sur des méthodes communes. A part l'e-mail et le téléphone portable qui faciltent les opérations quotidiennes de tout un chacun, l'informatique a surtout faciliter la destruction de la biodiversité sur terre au profit d'un petit nombre.
Et d'une certaine manière c'est normal, c'est l'apprentissage par l'échec: on tente un truc, on se plante, on fait un bilan, on recommence sur de meilleures bases.
Construire ensemble la Société de l'Information
Ce sont ces points communs qu'il faut chercher à mon avis pour s'appuyer sur de meilleures bases afin de "construire ensemble la Société de l'Information". C'est ce que j'ai fait. Je me suis frotté aux artistes, aux gouvernements, aux entreprises visant le profit, à la recherche académique et surtout aux milieux associatifs. J'ai monté des projets avec eux, j'ai vu leurs méthodes de fonctionnements, les principes et les valeurs que cela sous-tendait. J'ai vu les résultats, le temps qui fait son oeuvre dans chaque aventure et j'ai pu repérer dans chacun de ses milieux les projets qui marchent le mieux. Dans le jargon, on parle de "best practices". J'ai cherché les principes et les valeurs qui sous-tendaient ces projets.
Une référence commune existe
Après 8 ans d'analyses et d'expériences pratiques, je crois avoir identifié un groupe qui utilise une boîte à outils favorisant vraiment le bien commun. Cette boîte à outils permet notamment:
La Communauté du "Libre"
Ces personnes qui ont "trouvé" sont les membres de la "Communauté du Libre".
A la base passionnés de technologies informatiques libres(matériel, logiciels, réseau), les membres de la Communauté du Libre sont aujourd'hui aussi en train d'occuper le terrain des médias en général, des systèmes de votes (élections), des gestions de bases de données (profils, emplois, clients...) et surtout de l'e-mail.
Ils sont partout
Ces personnes adhérant au "libre" sont présents sans le crier dans les ONG, les gouvernements, les multinationales, les académies. Ils sont encore un peu isolés mais sûrs d'eux. Ils attendent leur heure et se fortifient par leurs pratiques de plus en plus conséquentes. J'en ai rencontré dans l'administration des hôpitaux, dans les services de ressources humaines des multinationales, dans des académies de biologies, dans les écoles obligatoires, dans des associations de victimes du VIH/Sida ...
Ils parlent de ces principes et tentent de les appliquer.
Technologies vraiment utiles: c'est possible
Et ça c'est une très bonne nouvelle pour les techno-pessimistes, pour ceux qui pensent que le choc informatique ne sera que négatif. Non seulement, il est possible que le choc soit positif au niveau informatique, mais en plus, il semble évident que le succès de Linux & Cie ait motivé la création de projets hors de l'informatique: licence d'art libre, génome libre, médicaments libres...
Le Libre comme condition de succès de l'Humanité
Ce sont les forces de la "communauté du Libre" qui ont défini les conditions pour que ce choc informatique soit positif à la planète. On désigne leurs leaders par des termes comme "les ténors du Libre", "dictateurs bienveillants" ou, mieux, les "modérateurs".
Leurs règles sont à l'image de notre société du 21e siècle: complètement différentes sur bien des points, difficiles à admettre face à nos habitudes de consommateurs et avec toujours ce bon sens paysan qui les rendent si simples finalement une fois qu'on a pris les quelques dizaines d'heures nécessaires pour comprendre.
21 principes fondateurs
Comme tout mouvement émergeant et profondément sensé, les membres de la "communauté du Libre" sont dispersés.
On rencontre des promoteurs et des pratiquants dans les gouvernements, les administrations publiques, les multinationales, les espaces anarchistes, les ONG. Leur bannière commune s'appelle le TUX. Leurs mots clés sont les 21 principes pour le 21e siècle. Le plus connu des produits est GNU/Linux.
Communication Libre
Se limiter à Linux pour décrire la grande famille de la "communication Libre", c'est réducteur mais réaliste. Pourquoi ? Justement, parce que les membres de la Communautés du libre sont "émergeants" et donc dispersés et souvent ils ignorent à quel point ils adhèrent à des valeurs communes. Mais le mouvement est aussi très fort, parce qu'il se développe lentement, organiquement, donc sûrement. Chacun de ses membres digère progressivement les nouveaux paradigmes, et les appliquent à son rythme dans ses choix de vie. Par exemple, acheter en général devient en acte politique évident pour les adhérents à l'esprit du Libre. Les membres du Libre, présents dans toutes les organisations, sont surtout des facilitateurs de ce processus de mutation issu du choc informatique.
Tout tend vers le Libre
Mais l'essentiel à retenir de ce choc informatique, c'est qu'il ne s'agit pas de s'apitoyer sur notre sort mais bien de prendre notre futur en main en choisissant quelle société de l'information nous souhaitons. Dès que nous faisons cet effort, nous pouvons, à notre rythme, constater que tout va vraiment dans le bon sens.
Le"Libre" occupe depuis 20 ans une place grandissante dans notre vie.
On parle aussi de "standards ouverts" ou alors de "Société Lbre".
Internet est "Libre". Internet est un réseau, un continent, un nouveau règne, il est donc au coeur de cette évolution constructive ... s'il est bien utilisé.
On peut donc ainsi dire que le "Libre", c'est comme une culture, c'est-à-dire un répertoire de solutions aux problèmes et passions de personnes à une époque précise et dans un contexte donné. L'épqoue c'est l'ère post-industrielle. Le ocntexte, c'est la surconsommation, les inégalités excessives et surtout le péril nucléaire et la perte de la biodiversité. Tout ça en même temps ? Et oui Madame, car tout est relatif, donc relié. N'est-ce pas Monsieur Einstein ?
Un sacré défi avec un sacré outil
Eh oui, les défis actuels étant de grande ampleur, le Libre - qui est la boîte à outils pour relever les défis actuels est de grande ampleur.
Donc, vu l'ampleur, tout avance lentement, sainement et sûrement.
J'ai le sentiment d'avoir profondément muté fréquenté des mutants. je vois des gens muter autour de moi régulièrement. On ne tombe dedans, comme Obélix est tombé dans la potion magique. C'est un effort et il ne faut pas renier nos valeurs profondes pour autant. Et c'est un immense plaisir que de vivre cet accouchement d'une nouvelle culture de vie, de nouveaux "paradigmes" pour notre quotidien.
D'autres articles sur le sujet
Je prépare d'autres articles sur le sujet. J'ai l'intention de démontrer le plus simplement possible pourquoi et comment les membres de la "communauté du Libre" ont "trouvé" le mode d'emploi pour que ce choc informatique soit profondément bénéfique à l'Humanité. Et en complément, j'espère démontrer que si les principes du Libre sont adoptés par la majorité, ce qui est possible, ce ne seront pas des idées "admises" qui risquent de sombrer dans leur contraire, vu que le "Libre" est organique par définition. Dans ma vision du monde actuel et futur, il est possible de vivre bien ces nouveaux paradigmes sans grands impacts négatifs sur notre qualité globale de vie, au contraire.
Dans d'autres articles déjà écrits, j'explique le plus concrètement possible comment devenir soi-même un média plutôt que de le subir. Pour ce faire, je décris des méthodes simples pour participer à des communautés virtuelles en fonction de ses centres d'intérêts.
un mode d'emploi pour conclure
Pour conclure, il faut préciser qu'il existe une littératue abondante qui décrit les modèles économiques du Libre mais qu'il n'existe pas à ma connaissance de mode d'emploi global et grand public pour devenir les médias plutôt que les subir. C'est pour cela que j'ai choisi de réorienter mon travail artistique (metteur en scène et photographe à la base) pour contribuer à assembler les pièces du puzzle "Société de l'Information Libre - mode d'emploi".