Imaginez des dizaines de personnes occupants les bureaux d'une vénérable instituion fédérale brésilienne pour réclamer, réclamer et réclamer. Ils se sont jurés de dormir sur place, dans des conditions très précaires, jusqu'à ce que leurs revendications soient mises en pratiques ? Mais que demandent-ils exactement ? Que la loi sur la réforme agraire, édictée depuis longtemps déjà, soit maintenant appliquée. Car la réalité est simple : dans toute l'amérique latine, les terres sont la propriété d'une minorité qui les laissent inoccupées, et les gouverments se sont engagés à les redistribuer aux paysans sans terres. Alors, exagèrent-ils lorsque, après des milliers (oui, des milliers) de tentatives pour voir ces réformes agraires devenir effectives, ils décident, de guerre lasses, de faire pression sur les autorités en occupant leurs locaux ? Quelle autre solution pacifique proposée ? Oui, c'est vrai, ils pourraient aussi se bruler par le feu, ou, plus simple, se laisser simplemet mourrir ! Mais alors, les propriétaires des terres n'auraient même plus de main d'oeuvres pour la petite partie qu'ils exploitent ! Alors, finalement, occuper un batiment public et refuser de le quitter, n'est-ce pas la plus douce des méthodes pour amplifier le débat public sur la nécessité de l'application de cette réforme ?

Focus sur l'action du FETAG à INCRA
Les principaux animateurs du média communautaire cooperation.net se sont rendus sur place pour constater d'eux-mêmes, et ils peuvent confirmer ce qui suit :
  • oui, ils sont plus de cents à dormir à même le sol, comme les photos en témoignent, dans des conditions très difficiles, uniquement pour défendre un droit qui leur est légalement dû, sans violence, avec une candeur et un calme qui donnent à réfléchir ;
  • oui, le FETAG qui coordonne cette occupation est un mouvement populaire non violent qui ne réclame rien, qui est simplement victime d'un système rendant toute équité des chances impossible ;
  • oui, les promesses du gouverment sont nombreuses, et les faits rares ;
  • oui, leur occupation est déterminée et pacifique ;
  • oui, le gouvernement LULA a CHOISI de se concerntrer sur le remboursement de la dette plutot que d'investir dans la distrubution des terres ;
  • oui, le "superintendante" peut faire des promesses par oral, ce qu'il nous a fait (plus de 400 familles recevront une terre dès le mois de mars), mais rien n'est écrit pour l'instant ;
  • oui, les occupants vivent depuis des années sous des bâches, attendu patiemment qu'on leur donne le droit de bénéficier ce à quoi la loi du pays leur donne droit : l'usage, pour 99 ans, d'une terre modeste qui était jusque-là en jachère.

    Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre , Mouvement sans toit, droit au logement, autant d'engagements, locaux et globaux, simplement pour le droit à une vie digne de ce nom.