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| Le mieux est-il l'ennemi du bien, ou l'enfer est-il pavé de bonne intention ? |
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de l'info : Cédric Bitterli m'a envoyé l'histoire drôle sur la bible, ça a déclenché l'idée de cet article... |
| Posté par move
le mardi 18 mai 2004.
Modéré le mardi 18 mai 2004
nombre de visites: 3333
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C'est un article pour vous partager ma manière de faire la part des choses au quotidien. Cela me permet d'y faire référence lorsque j'ai besoin d'outils d'aide à la décision. Je fais aussi référence à la stratégie du dauphin, qui imite le comportement du dauphin.
Combien de situation nous embarrassent et nous font hésiter entre les diverses options à prendre ? J'ai beau étudier rationnellement la question, je ne suis pas à l'abri d'un doute, d'une indécision. J'ai une batterie de méthodes, telle les analyse SWOT, les évaluations SEPO ou le Yi King.
Quant les enjeux sont importants, j'essaie de rester concentré sur des arguments rationnels.
Pour éviter de mettre trop de passion là où la raison compte, tente de développer des arguments plein de bon sens. Puor éviter les maladresses, je m'inspire de la superbe liste des argumentaires fallacieux et des arguments logiques qui est en anglais (j'en ai pas trouvé en français). Elle est excellente cette liste, elle me donne toujours une idée des orientations à éviter.
Mais ceci n'empêche que parfois le doute persiste, parce que, comme le dit si bien le philosophe Spinoza, nous devrions être guidé par notre raison, mais nous sommes gouvernés par la passion, alors parlons de passions. Et quand j'en arrive à mettre trop de passion, je me concentre alors toujours sur 2 maximes :
Le mieux est l'ennemi du bien. Celle-là c'est la maxime cool, elle me détend, je décompresse, j'arrête de vouloir améliorer la situation, je me dis que le temps fera bien les choses et que c'est pas grave si on fait pas mieux.
Et je me lance. Au pire, ce sera quasiment contreproductif à long terme (peu de résultats, fatigue, démotivation, retour de boomerangs), néanmoins je sais qu'il est possible d'atténuer sereinement les effets secondaires et de tirer un bon bilan d'une action si on reste attentif en cours d'application.
Ou alors je donne la priorité à une décision basée sur l'idée que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Là c'est le contraire, je me dis attention danger, y'a un effet pervers à aller dans telle direction, cela peut finalement être très contreproductif même si ça a l'air bien au premier abord. C'est le moment d'être attentif, de donner de l'énergie à ce qui se passe et d'agir en conséquence, avec l'état d'alerte suffisant pour bien avancer. Parfois ainsi je peux me désengager, et assumer les charges de ce désengagement.
Et finalement il faut bien trancher.
Pour tarncher tout en mettant toutes les chances de son côté, il est important de décider puis d'accompagner la décision avec attention, en laissant le plus possible d'espace pour l'évolution, la remise en question, l'adaptation aux nouvelles influences. Ainsi on peut sortir du binaire "ça passe ou ça casse", et agir dans ce que certains nomment la stratégie du dauphin. La stratégie du dauphin permet de choisir instantanément et judicieusement entre les stratégies de la Mainmise, du Renoncement, du Désengagement, du Compromis et de la Percée. Il y a d'ailleurs une forte ressemblance entre cette statégie dite "du dauphin" et les pratiques de Communication Libre, alias Communication Durable ou écologie numérique.
Bon, maintenant des petites histoires illustratives .
Première histoire, concernant l'enfer pavé de bonnes intentions
Récemment une célèbre animatrice radio des États-Unis fit remarquer que l'homosexualité est une perversion :
" C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 :
Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination. La Bible le dit. Un point c'est tout ", affirma-t-elle.
Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait :
" Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu.
J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils quant à d'autres lois bibliques :
• Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?
• Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?
• J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Je suis obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière ?
• Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?
• Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de cultures différents dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus : coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer.
Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ?
On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14 ?
Je me confie pleinement à votre aide."
Deuxième histoire, toujours concernant l'aide à la décision.
Là c'est l'histoire d'un type qui décide de ne pas décider, et qui plutôt applique la maxime "le mieux est l'ennemi du bien" (très profondément , pas juste un peu, là il lâche prise à fond.
C’est l’histoire d’un vieux fermier, très pauvre, et qui vit seul avec son fils. Sa seule propriété et son seul objet de travail, c’est un cheval. Il l’exploite du mieux qu’il peut, ne laissant rien au hasard.
Un soir, il oubli de refermer l’enclos, et le cheval s’enfui. Le lendemain matin, il croise son voisin qui lui dit : « mon pauvre monsieur, vous n’avez vraiment pas de chance ! Vous n’avez qu’un seul cheval, et voilà qu’il s’est enfui. ». Le vieux fermier répond : « de la malchance ? Peut-être… ».
La journée passe, et le lendemain, alors qu’il se lève et regarde par la fenêtre, il aperçoit son enclos rempli de chevaux sauvages avec son cheval au milieu.
Il s’habille et s’approche de l’enclos, puis croise son voisin qui lui dit : « vous avez vraiment de la chance ! Vous n’aviez qu’un cheval, et voilà que maintenant vous possédez un élevage digne des plus grand haras ! ». Le vieux fermier ne manque pas de lui répondre : « De la chance ? Peut-être… »
Son fils se met à la tâche, et alors qu’il tente de dresser un des chevaux sauvage, l’un deux le propulse avec ses pattes arrières, lui cassant un bras.
Le voisin s’approche et lui dit : « vous n’avez pas de chance jeune homme ! Vous étiez le seul à pouvoir dresser ces chevaux, et voilà que vous vous cassez le bras. Que va devenir votre vieux père tout seul ? ». Le fils du fermier lui répond : « De la malchance ? Peut-être… ».
La soirée passa, et le lendemain, la France déclara la guerre à l’Allemagne, et tous les jeunes gens des campagnes furent réquisitionnés… mis à part ceux qui avaient un bras cassé !
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