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| Le chemin le plus court ... est peut être le plus difficile |
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de l'info : Théo Bondolfi |
| Posté par forumouvert
le lundi 24 octobre 2005.
nombre de visites: 2470
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eCulture, Knowledge management, ePortfolio, plates-formes web, ... des termes nouveaux, parfois difficile à appréhender. Si les termes utilisés dans cette présentation vous semblent trop étrangers, trop théoriques, cet article est pour vous. C'est un essai sur le thème des changements sociaux liés à l'informatique.
Vous trouverez aussi tout en bas de cette page un glossaire eCulture, en libre diffusion, notamment utile pour les enseignants et les formateurs d'adultes.
Le chemin le plus court ... est souvent le plus difficile
Une expérience d'immersion dans l'eCulture, par Théo Bondolfi, responsable de la programmation des invités pour les ateliers des Forums eCulture
J'ai rencontré la plupart des co-fondateurs d'Ynternet.org à la fin des années 90, en pleine euphorie de l'Internet. Il y avait notamment Daniel Held, Raphaël Rousseau et Antoine Moreau, qui sont quelques-uns des visionnaires et praticiens associés dans l'institut de recherches et formation Ynternet.org. J'ai tout de suite apprécié leurs réalisations concrètes, qui sont de fortes sources d'inspirations. Mais ils m'ont parlé en des termes difficiles à comprendre pour moi.
Ils m'expliquaient que les clés de succès des dynamiques participatives étaient respectivement :
la fixation d'indicateurs de performances précis et mesurables dans les organisations apprenantes (tel les objectifs SMART), dixit Daniel Held
le transfert des hiérarchies de statuts vers des hiérarchies de compétences tel qu'il est pratiqué par le mouvement de l'informatique Libre, dixit Raphaël Rousseau.
le libre usage des oeuvres pour multiplier les sources et influences dans la création, telle la Copyleft Attitude selon Antoine Moreau.
Chacun à leur manière, ils faisaient référence à des notions complexes comme les systèmes d'enquêtes qualitatives, les nouveaux modèles économiques du libre, les dynamiques participatives telle wikipedia, les aspects juridiques de l'information telle les Licences Libres, des démarches coopétitives telles que celles du projet GNU/Linux. Je me demandais parfois si tout cela n'était pas de la poudre aux yeux pour abuser de ma bonne volonté d'homme curieux et ouvert d'esprit. Mais je constatais que des millions de personnes adoptaient progressivement ces nouveaux mécanismes sociaux (coopétition, licences Libres, auto-promotion) dans un phénomène à croissance constante et qualitative depuis plus de 20 ans.
Aussi, plutôt que de rejeter ces formules sous prétexte que c'était juste trop théorique, j'essayais de voir si, au travers de ces terminologies et mécanismes nouveaux pour moi, il y avait vraiment des clés pour apprécier les changements structurels en cours dans notre société, et pour adopter les pratiques émergentes plutôt que de les rejeter.
J'ai donc choisi d'entrer dans ce tunnel d'apprentissage par l'action pendant plusieurs années, en acceptant de diriger l'institut Ynternet.org sous leur supervision, et donc en acceptant d'adopter leurs mécanismes de gestion participative et leur pratiques de l'eCulture dont ils avaient connaissance.
Durant les premières années de ce travail passionnant, le fait d'adopter ces nouvelles méthodes m'a remis en question à divers niveaux. Et on sait bien que la remise en question est un luxe de nos jours, car cela demande du temps, de la confiance en soi et de la force, 3 ingrédients précieux que je n'avais pas toujours sous la main. Mais j'ai tenu bon, grâce notamment à leur patience et leur bonne volonté génératrice de confiance durable. Et j'ai apporté progressivement mon petit grain de sel, celui qui lie les divers mondes, transversalement, en tentant de décoder divers domaines et d'en montrer les points communs. Par exemple, les points communs entre Portfolio numérique (ePortfolio), citoyenneté et emploi. Et aussi les liens entre méthodes de circulation de l'information dans les médias participatifs et dans le développement de logiciels Libre.
Concrètement, pour gagner leur respect respectif et augmenter la qualité de mes prestations, j'ai dû apprendre à modifier des attitudes toutes simples comme ma manière de présenter les projets, de traiter mes courriels et d'utiliser le web, de définir la licence régissant l'usage des articles et modes d'emploi que je rédigeais, etc. Ces nouvelles méthodes, que j'ai appris à formaliser, m'ont fait découvrir des systèmes organisationnels et hiérarchiques qui correspondaient à mes valeurs : celles de l'équité des chances, du libre accès à l'information, de la bonne gouvernance, de l'esprit d'entreprise et du bien commun
Avec le temps, j'ai vu que ces pratiques que j'avais progressivement adoptées sous leur impulsion me faisait gagner un temps précieux dans mon travail de formateur et d'accompagnant de projets.
J'ai ensuite rencontré d'autres personnes que je pourrais qualifier de ténors francophones de l'eCulture, tel Francis Muguet ou Guillaume Chenevière, tous d'inlassables facilitateurs/vulgarisateurs/passeurs, et nous avons démarré un nouveau cycle de rencontres avec le public pour partager nos pratiques, pour démystifier l'informatique comme le dit Charles-Henri Favrod, parrain d'Ynternet.org.
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